ostéopathie

En plus de mon exercice au sein du cabinet de Brunoy, je me rends tous les mardis à Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe.

J'y tiens une consultation d'ostéopathie au sein du service de Lutte Contre la Douleur intégré aux soins palliatifs. Mes patients sont atteints de tous types de cancer. 

Je vais essayer de vous donner dans cet article, ce qu'il me semble que l'ostéopathie peut apporter aux patients atteints de cancer. 

Pour commencer, voici une question que tout ostéopathe pourrait être amené à se poser à peu près tous les jours au cabinet : 

 

1) Peut-on réellement définir l’efficacité d’un traitement d’ostéopathie chez le patient atteint de cancer ?

Ce n’est vraiment pas facile tant la pratique et ses effets s’adaptent aux patients et leur souffrance, leurs maux, leur anxiété vis-à-vis de ce corps porteur d’étrangeté : la maladie, malheureusement parfois incurable.

Il est pour moi primordiale de souligner que la diminution des douleurs ainsi que l’amélioration de la qualité de vie fréquemment exprimées après un traitement d’ostéopathie, relèvent non seulement de la technicité de l’acte thérapeutique, mais aussi de cette relation patient/praticien qui s’établit au travers de l’attention portée au malade, ainsi que
par la présence et la qualité de l’écoute tissulaire. 

 

2) Pourquoi le patient malade envisage t-il de consulter un ostéopathe ? 

La prise en charge du cancer, et donc les traitements, ont considérablement avancés. Le patient est de plus en plus en rémission.

L’augmentation de la durée de vie des malades a transformé le cancer en une maladie chronique. Certains aspects négligés sont devenus nécessaires à un accompagnement optimal.

Une fois que les patients ont traversé le bouleversement de l’annonce, le choc frontal avec la maladie et les premiers soins médicaux et chirurgicaux, ils sont davantage
motivés par un désir de mieux-être, de liberté, une envie d’être soulagés des effets secondaires des traitements et des troubles fonctionnels liés à la maladie.

C'est dans cette vision là qu'un ostéopathe peut être consulté. 

L'ostéopathe va alors s'adapter en priorité à la personne malade, ses souffrances, et non à la maladie. 

 

3) Dans quels cas alors ? 

Il serait très difficile d'établir une liste précise, néanmoins le travail tissulaire ostéopathique (qui s'effectue en douceur et qui ne s'apparente pas uniquement à un travail de "craquage" des articulations!) peut s'avérer tout à fait intéressant sur : 

- les douleurs globalement 

- les séquelles de chirurgie (cicatrices) 

- les séquelles de radiothérapie 

- les conséquences des chimiothérapies 

- les troubles digestifs

- la perte de mobilité 

- la perte de l'image de soi 

- le stress important

- la fatigue 

 

Le travail sera alors fait dans le sens d'une réappropriation d'un corps médicalisé, exposé, disséqué

 

4) Quel regard et quelle stratégie de traitement ? 

Comme je l'explique souvent, le "dada" de l'ostéopathe c'est la posture. A travers la manière dont le patient se tient, beaucoup de choses peuvent être vues. 

Ainsi, la posture peut témoigner non seulement de la chirurgie récente, des conséquences de l’alitement prolongé, des modifications de poids, mais également de l'histoire somatique et psychique.
Fréquemment replié sur les cicatrices et les blessures, par exemple, les amplitudes de l’épaule sont restreintes et douloureuses du côté du sein opéré, la cage thoracique homolatérale réduite en mobilité lors de la respiration. L'ostéopathe va alors travailler, entre autre, à rétablir la posture et ainsi soulager les tensions palpables des patients. 

 

Il ne s'agit ici que d'un bref résumé tant les indications peuvent être diverses.

Si vous avez davantage de questions, surtout n'hésitez pas à me contacter. 


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